Un


« Les nombres sont le principe, l'origine de toute chose » affirmait Pythagore, il y a deux millénaires. Les nombres dressent la trame primordiale de notre profil et des tournures générales de notre destin. Langage de Dieu, ils sont la matrice des idées. Comprendre ce langage peut nous permettre de mieux nous comprendre nous-mêmes. Toutefois, rien n'est figé et libre à nous de réussir ou de passer totalement à côté de notre vie. Dieu nous a rendus libres de toutes nos décisions lorsque nous avons été chassés du jardin d'Eden. On est libre d'écouter ou de se boucher les oreilles. Nous conservons le libre arbitre sur notre trajectoire. Nous naissons avec des facultés et des lacunes ; à nous d'en faire ce que nous voulons. Il n'existe pas de ligne toute tracée, il n'y a pas de fatalité. Ainsi, des personnalités nées dans un milieu très défavorable ont su démontrer que nous pouvons nous en sortir et le contraire, a pu également être observé. On peut avoir toutes les chances du monde pour réussir et littéralement massacrer sa vie. Le principe est de rester les yeux et les oreilles grandes ouvertes, en ne s'éloignant jamais de la règle d'or de l'humilité en toutes choses. L'humilité s'impose naturellement à partir du moment où nous sommes en présence d'un terrain de forces considérables nous dépassant complètement. Ces forces peuvent tout nous offrir mais également tout nous reprendre, un peu à l'image de l'histoire de Job dans la Bible. Je suis libre comme tout être humain d'écouter ces forces pour marcher au mieux vers mon destin ou au contraire d'être imperméable à cette voix intérieure, ce qui me conduira tôt ou tard à une impasse. L'impasse des esprits emportés par la suffisance comme la prétention que tout est dû.

Ces forces s'expriment dans ma vie par neuf nombres. Pas un de moins, pas un de plus. Est-ce un hasard que j'en arrive encore à une coïncidence de cette nature ? Neuf nombres comme la matrice de Pythagore alors que certains de ces nombres n'en font même pas partie. Neuf nombres comme un cycle complet. Je ne peux croire encore à un simple hasard car je ne l'ai pas voulu, je n'ai rien pipé pouvant conduire à cette conjoncture, je découvre ceci en même temps que j'écris. J'écris simplement ce que je constate, c'est tout juste de l'observation pure et dure. Le premier nombre intervenant dans ma vie définit dans la globalité la caractéristique de mon C comme chemin. Un C, troisième lettre de l'alphabet, résonnant comme cette trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Nous sommes tous les fruits de cette trinité et de ces mythes sommeillant dans notre inconscient collectif. Ce premier nombre, compris entre 1 et 9 conformément à la matrice de Pythagore tire sa source de ma date de naissance pour les numérologues. Il représente la première signature principale de mon destin propre, bien que nous fassions tous un.

Le un est le premier nombre régissant mon C. Le un est le premier marqueur numérologique de mon souffle primordial. Il est le premier nombre après le zéro du divin. Le un est le premier nombre pythagoricien. Son impact est décisif sur la nature de ma destinée car le nombre 1 initie le processus de création après le zéro. Ce nombre à lui seul représente sur mes épaules et dans mon dos, une titanesque pression vectorielle depuis mes plus jeunes années. Une pression fréquemment difficile à vivre car je suis condamné à l'absence de repos et à la marche épuisante vers l'avant. Une pression d'autant plus lourde que ce nombre me confère théoriquement l'infinie possibilité d'exprimer toutes mes capacités tout le long de ma route et m'apporte de ce fait toutes les garanties de faire des étincelles socialement, professionnellement et sentimentalement. Avec un tel C, c'est terrible car face au temps qui passe inexorablement, je n'ai pas le droit de me laisser disperser dans ma mission et de faire preuve de trop d'hésitation dans mes choix. Quelle mission au fait ? C'est compliqué, trop souvent. Quoiqu'il en soit, on me fait souvent le reproche de ne pas savoir différencier le loisir du travail, entraîné par la fièvre de la perpétuelle évolution, au risque d'en oublier mes proches. Mon propre père ne saurait en conclure autrement lorsque je puisse sembler soudainement disparaître pendant quelques jours, au risque finalement de transparaître le malaise d'un possible malentendu qui n'aura pourtant jamais existé.

Par le passé, j'ai souvent tenté le collectif. J'ai plusieurs fois tenté l'intégration dans des groupes, tant dans mes sollicitations scientifiques que politiques. J'ai tout essayé et à chaque fois, le succès se dessinait inexorablement uniquement dans une action individuelle. Une force contraire incroyable s'accomplissait dans mes projets et sur mes idées quand je tentais de prendre un chemin pour lequel je n'étais pas programmé. Je ne suis pas programmé pour l'action collective mais pour l'action individuelle, c'est un fait. L'individuation Jungienne prenant le pas à partir de mes 24 ans, j'ai commencé naturellement à construire mon propre sillon basé sur mes seules uniques valeurs en excluant toute tentative collective. Inconsciemment puis plus consciemment, c'est à ce moment que j'ai commencé à suivre naturellement, sans trop de résistance, la substance de mon souffle primordial. Il m'a fallu considérablement gagner confiance en moi pour oser abandonner le schéma du collectif car quand le C est guidé par le un, il ne transige pas. Chaque jour est un apprentissage à faire tout mon chemin tout seul, sans aide véritable. D'ailleurs, quand je regarde en arrière, c'est toujours seul avec mes rêves que j'ai été. Chaque jour est un apprentissage à admettre que je suis né avec l'âme d'un leader et que m'effacer derrière les autres est la meilleure façon d'échouer. J'ai été contraint de comprendre que réussir ma vie, c'est conserver mon indépendance, développer mon originalité et me servir positivement de mes facultés créatrices pour construire ma propre voie basée sur mes rêves. 

Je ne saurais m'attarder à relever exhaustivement tous les uns que mon dessein n'aurait su jusqu'ici dissimuler. Dans ma vie professionnelle comme personnelle, on y trouvera souvent ce un très habilement déguisé derrière le dix, qui ne saurait nous faire oublier trop vite non plus quelques-unes des élocutions des pouvoirs du zéro. Souvent, mon père m'aura murmuré à l'oreille l'idée de dix ans de retard mais tout cela n'est pas forcément juste quand on considère le fardeau représenté par la nature de mon C. Le un s'exprime par un besoin d'indépendance peu enclin à une vie sentimentale sereine et il m'aura fallu attendre assez longtemps pour que mon chemin croise la chaussure capable d'accepter ma nature sauvage de créateur fou. C'est seulement au-delà de la trentaine, finalement pas très loin d'être quadragénaire, que j'ai commencé à tranquillement me poser car considérant que j'ai été au bout d'un bon nombre de mes défis et que les objectifs à atteindre se doivent désormais être dirigés vers ma propre famille. Dans le mot famille conviendra t-il d'y percevoir le plus largement, ce moment de transmettre et de partager un savoir. Il faudra attendre justement dix ans, avec le un comme le zéro pour que je me lance le défi de la photo de rue en photographiant mes semblables mais là, encore, le chemin du un est souvent le théâtre de l'inattendu. Toujours changer pour sans cesse explorer de nouvelles routes, mon C se révèle absolument épuisant mais je ne peux pas échapper à son influence. Cela ne sert à rien de forcer à avancer dans une voie que l'on me demande assurément de distancer. Épreuves et échecs inattendus sont continuellement l'invitation à me dépasser et à accomplir mon destin de force créatrice. Après les volcans, l'astronomie, la photographie, pourquoi pas l'accomplissement dans le quatre avec la créativité littéraire ?
Je me dois de me poser légitimement la question. 

Pour les numérologues, le un est un leader né insistant sur son droit de se faire sa propre opinion avec un besoin viscéral de liberté, de pensée, d’action. Il est un créatif exceptionnel et original avec un goût pour l’insolite dont l'approche des problèmes est unique, avec ce courage singulier de se promener sans cesse hors des sentiers battus. Le un n'est pas sans évoquer aussi l’égoïsme, la solitude tout comme l’isolement dans la réussite, d'où la nécessité de se rappeler fréquemment que talents et capacités sont un cadeau d’une source sans égale, favorisant reconnaissance et humilité plutôt que orgueil et vanité. Le un me fait penser à la première planète du système solaire après le zéro (tel un soleil). Tout mon avenir se devra d’aller chercher toutes mes ressources vitales dans le rayonnement mercurien de l’intelligence. Connue depuis l’antiquité, Mercure comme le un, incarnait le messager des Dieux chez les Romains et quand on connaît la force des mythes dans notre inconscient collectif, je n’ai jamais sous-estimé ce que ceci pouvait signifier. Il y a des gens qui sont désignés malgré eux pour être des sortes de prophètes en leur temps. Cela n’est pas faire preuve d’orgueil de l’avancer. Il convient juste de prendre largement la mesure de nos responsabilités quand on se voit offrir les clés d'un panel de potentialités. 
Faire prospérer ce panel modestement comme une faveur divine ou le noyer dans la gloriole ?

Le premier âge clé du chemin de vie du un est très étrangement 35 ans, si on en croit encore les livres. Ce fut l'âge où j'opéra trois ans de traversée du désert, d'un désert fertile de mes propres efforts à m'interroger. Ce quatre dont je parlais plus haut ne sera peut-être pas forcément littéraire ou s'il l'est, il sera sans doute l'accompagnement de l'ultime création. Je n'ose prédire l'avenir avant qu'il s'écrive mais il me semble deviner quelques-unes des transformations fortes pouvant découler de ce premier couperet temporel. Après avoir exploré plusieurs domaines scientifiques, pourquoi s'interdire de penser que la future grande créativité sera familiale ? Dans tous les cas, c'est sûr, même quand je ne souhaite pas forcément créer, on me met le défi entre les mains et on m'impose de créer. Ce sont dans toutes ces conditions que je suis amené systématiquement à évoluer. Conquérir et innover, tel est mon chemin inévitable d'être programmé pour débroussailler de nouvelles routes pour que les autres puissent ensuite les emprunter. Quelle incroyable ironie du sort pour quelqu'un comme moi que l'on a souvent réduit à un zéro.

On m'en voudra peut-être pour des réactions égocentriques, sans aucun doute les attaques gratuites des mêmes opportunistes ou suffisants d'un autre temps. Or, dans mes essais, à bien des égards, tout se résume simplement au progressif rétablissement de certaines vérités proportionnellement à la vigueur du verbe qui fut utilisé pour injustement proférer bien des bombardements sur mon chemin. De la colère passée d'un jeune enfant comme adolescent à l'hypersensibilité trop spontanée, il en est aujourd'hui pour l'heure d'accueillir l'opprobre avec la plus grande sérénité d'un adulte avisé par l'accomplissement depuis un bon nombre d'années maintenant, de créations strictement en accord avec mes valeurs mais certainement pas dans une recherche d'évanouissement par simple soucis d'être en accord avec le regard des autres.

L'énergie créatrice du un est à double versant. 
Je n'en conserverai dans mon esprit que le lumineux pour marcher vers le quatre.